Le marché de l’art en 2016

Honk Kong

Honk Kong

La Chine, premier pays du marché de l’art

La Chine a retrouvé le sommet de la pyramide des ventes d’art (+18%) cette année.Le marché de l’art occidental est principalement affecté par la pénurie de chefs d’œuvres (<10Mds $) cette année ; ce qui explique la baisse du chiffre d’affaires à New-York (-49%) et Londres (-30%).  Les faibles résultats de ces métropoles du marché de l’art ont un impact les résultats globaux du marché de l’art, estimé au premier semestre à 15%.

Cette année, les ventes de printemps et d’automne en art moderne et contemporain n’ont pas été à la hauteur de l’année passé. Pas de résultats records !

La traçabilité des oeuvres: un enjeu majeur.

Les ventes de New-York en Mai étaient ainsi résumées par Patricia Barbizet dans les Echos du 14 mai 2016 : “Des lots aux prix moins pharaoniques mais en phase avec les attentes des collectionneurs ; des garanties beaucoup plus limitées offertes aux vendeurs pour ne pas prendre de risques inconsidérés ; un marketing très affiné avec des ventes dites « curatées », c’est à dire mises en scène et abondamment documentées “. On peut ainsi dire que les ventes attirent des collectionneurs professionnels de plus en plus formés et dont les attentes évoluent. Il s’agit moins de faire du bruit autour de telle ou telle oeuvre que de vérifier la qualité de ses acquisitions quelle qu’en soient la valeur. Le 28 décembre le Huffington Post précisait que les collectionneurs étaient attentifs au “pedigree” des œuvres. La traçabilité des objets provenant de collections privées est plus facile à établir et rassure bon nombre de collectionneurs bousculés par les affaires qui éclatent régulièrement au sujet d’œuvres spoliés ou dont l’origine a été falsifiée.

De nouveaux collectionneurs en provenance d’Asie

Les ventes de printemps ont été l’occasion de découvrir de nouveaux collectionneurs comme l’entrepreneur japonais Yusaku Maezawa, fondateur du centre commercial en ligen Zozotown. Ce collectionneur fortuné a dépensé à New-York en quelques jours près de 98 millions de dollars dont presque la moitié pour un tableau de Michel Basquiat. Yusaku Maezawa comme beaucoup de collectionneurs souhaite ouvrir un musée privée pour y abriter sa collection, lui donner de la visibilité et en faire profiter le grand public.

Les ventes d’Automne de Londres et de New-York ont été dans les mêmes teintes que celles de Mai. On retiendra que de nombreuses oeuvres “encore jamais passées sous le marteau” ont été vendues :

  • Sotheby’s a déniché la collection Ames, ainsi qu’un autoportrait de Warhol, un paysage monumental de Hockney, une frise de Basquiat.
  • Christie’s, de son côté, a décroché un Richter, un Dubuffet, un de Kooning, un John Currin, et surtout un Adrian Ghenie, l’artiste qui a fait un tabac à Londres.
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Marché de l'art en 2016

Art Market key figures

Et le marché français ?

Le marché français est en hausse cette année !

La maison de ventes Sotheby’s a réalisé d’excellentes ventes en Art Contemporain (presque 57 millions d’euros de recettes). La vente de deux toiles de Pierre Soulages et le nouveau record mondial enregistré pour Simon HANTAÏ ont généré plus de 13,4 m€.

Sotheby’s France, où les 2/3 des acheteurs sont étrangers, se laisse néanmoins devancer une fois encore par Christie’s, qui affiche 244,6m€ de résultat annuel. La maison de vente londienne reste n°1. On a appris d’ailleurs en décembre que son PDG Guillaume Cerutti remplace Patricia Barbizet à la tête de Christie’s. Les deux maisons de vente sont portées également par le succès de leur vente en ligne et leur stratégie de communication. Les œuvres et les collections sont davantage mises en scène pour attirer de jeunes collectionneurs fortunés, connectés et particulièrement sensibles au marketing accompagnant les ventes.

Le digital comme moteur des ventes

Les maisons de vente sont en compétition pour attirer l’attention ce nouveau public ! Acquisitions régulières de startups, renouvellement des directions de communication et de marketing, mise en place de stratégies digitales…

Des changements bien plus profonds sont peut-être à opérer car les outils numériques bousculent les règles de fonctionnement du marché de l’art traditionnel.

Dans la catégorie des collectionneurs agés de 18 à 35 ans, 80% ont acquis leur première œuvre sur internet et la majorité continue de consulter les enchères en ligne. Une nouvelle génération de collectionneurs se forment et avec elles un certain nombre d’acquis du marché de l’art traditionnel sont remise en question.